Lettre Ouverte

26 Mai 2016

 

A Monsieur le Président de l’Université

Cadi Ayyad de Marrakech

 

Monsieur le Président

 

Cette semaine, cela fera 10 ans que j’ai fait don du Musée Tiskiwin à l’Université Caddi Ayyad.

 

Selon les termes de la Convention que nous avons signée le 20 Mai 2006 devant le notaire, Maître Mustafa Zine, l’Université est devenu propriétaire de deux propriétés immobilières ainsi que des objets qui font partie d’une exposition que j’y ai organisée et qui ont fait l’objet d’un inventaire avant leur remise à l’Université le 18 Novembre 2011.

 

Cette remise a été l’occasion d’ajouter, par les soins du notaire, un avenant à la Convention de 2006.

 

L’avenant stipule notamment qu’après mon décès les revenus des droits d’entrée à l’exposition seront versés sur le compte bancaire de la Fondation Tiskiwin dont la Convention annonce la création avant la fin de l’année 2006 !

 

La Convention de 2006 précise que la Donation est faite pour que les propriétés immobilières servent

  • de siège à un Institut pour « l’étude et la mise en valeur du Patrimoine du Nord-Ouest africain » ;
  • de cadre à un Musée ouvert au public ;
  • de siège à une Fondation qui soutiendra financièrement :

 

  1. l’Institut de recherches
  2. le Musée ouvert au public

 

 

Le Musée

 

Ces dernières années, le Musée est resté ouvert au public grâce à mon dévouement personnel, soutenu par les encouragements des milieux scientifiques internationaux.

 

Je fête cette semaine mes 85 ans et j’avoue que je ne me sens plus capable de faire fonctionner le Musée convenablement.

 

Pour que le Musée conserve sa bonne réputation, il est nécessaire de nommer, dans les meilleurs délais, un Conservateur -ou une Conservatrice- formée en muséologie.

 

A cette fin, l’Université Cadi Ayyad pourrait solliciter du Ministère de la Culture la mise à disposition d’un(e) des lauréats en muséologie sorti(e) cette année de l’Institut d’Archéologie de Rabat.

 

Cependant, ma conception du Musée Tiskiwin, que traduit la Convention de la Donation, est que ce musée permet de présenter au public les résultats des recherches faites au sein de « l’Institut pour l’étude du Patrimoine du Nord-Ouest Africain », dont la création est prévue par la Convention.

 

En l’absence de cet Institut, ce sont les résultats de mes recherches personnelles qui sont actuellement présentés dans l’exposition permanente du Musée Tiskiwin. Prochainement, ces résultats feront également l’objet d’une publication pouvant servir à orienter les recherches au sein de l’Institut qui reste à créer.

 

Dans les recherches sur le Patrimoine du Nord-Ouest Africain, les données de l’Archéologie Saharienne doivent occuper une place importante.

 

 

Le Musée Tiskiwin et la « Conférence Internationale sur le Climat » de Marrakech

 

L’exposition au musée est organisée autour du thème de la désertification de l’espace saharien qui a été le berceau de la civilisation néolithique Bovidienne.

 

Le Sahara est un exemple dramatique du changement climatique et de ses conséquences :

  1. migration des populations sahariennes vers les régions limitrophes ;
  2. adaptation de la culture matérielle de ces populations à des environnements naturels et culturels parfois totalement différents.

 

Les thèmes de l’exposition permanente au Musée Tiskiwin correspondent ainsi aux problèmes qui seront posés à la grande « Conférence Internationale sur le Climat » qui sera organisée à Marrakech au mois de novembre prochain.

La Conférence bénéficiera de l’intérêt d’un public national et international très large, déjà sensibilisé aux problèmes du climat dans leur vie quotidienne.

 

Le moment paraît ainsi particulièrement opportun pour que  l’Université Cadi Ayyad sollicite du Ministère de l’Enseignement Supérieur un budget afin de procéder à la création de l’Institut de Recherche, pour laquelle l’Université s’est engagée.

 

 L’Institut sera un « Centre de recherches pour l’étude et la mise en valeur du patrimoine culturel et touristique du Nord-Ouest africain »

Pour faciliter les recherches, l’Institut mettra à la disposition des chercheurs :

  • ses propres collections d’objets (en partie exposées ou mises en réserve) ;
  • une documentation spécialisée, en partie inédite ;
  • des conférences données par des spécialistes ;
  • des bourses de recherche sur le terrain pour des chercheurs issus des pays concernés en Afrique du Nord et  du Sahel.

 

L’Institut établira des partenariats de recherche avec des Institutions également intéressées par le Patrimoine du Nord-Ouest africain et par la Préhistoire du Sahara

  • au Maroc, en Algérie, Tunisie et Mauritanie ;
  • au Niger, au Burkina Faso et au Mali.

 

Des rencontres annuelles devraient être prévues, alternativement dans un des pays d’Afrique du Nord ou du Sahel.

 

Bien que l’Institut cherche à promouvoir les études réalisées par des chercheurs issus des pays concernés par le projet, il restera largement ouvert à la collaboration avec des Institutions ailleurs dans le monde et qui s’intéressent également au  Patrimoine culturel et artistique du Nord-Ouest Africain. Des messages que nous avons reçus du Musée de L’Homme, à Paris en sont la meilleure illustration.

 

Je nourris l’espoir que la création de l’Institut ci-dessus mentionné pourra être annoncée avant la tenue de la Conférence sur le Climat au mois de novembre prochain.

 

Dans cette espérance, veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments respectueux.

 

Bert Flint, Fondateur du Musée Tiskiwin

26 Mai 2016